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Revues en accès ouvert diamant

Groupe de discussion des Journées NuTS 2026, à Strasbourg

Revues en accès ouvert diamant

Ce que sont les revues diamant, ce qui freine leur adoption, et comment la communauté NuTS peut les soutenir. Ce billet résume les échanges d'un groupe de discussion des Journées NuTS 2026.

Ce qu'est une revue diamant

Un sondage a ouvert la séance. Plus de la moitié des participants (53 %) ne connaissaient pas ces revues, un sur cinq y avait déjà publié, et un sur cinq en est éditeur.

Une revue diamant publie sans frais, ni pour les lecteurs, ni pour les auteurs. Elle est financée par des institutions ou des associations, gérée par la communauté, et ses articles sont sous licence ouverte, le plus souvent CC-BY. C'est ce qui la distingue des autres modèles :

Modèle Qui paie ?
Abonnement le lecteur
Accès ouvert « gold » l'auteur, via des frais de publication (APC)
Accès ouvert hybride le lecteur, ou l'auteur pour rendre un article gratuit
Accès ouvert diamant ni l'un ni l'autre

Le répertoire DOAJ indique si une revue facture des frais de publication.

Le groupe s'est aussi demandé si NuTS devait créer sa propre revue diamant, ou plutôt organiser un numéro spécial récurrent dans une revue existante.

Les revues diamant en géosciences

Plusieurs revues diamant couvrent déjà les géosciences :

Revue Domaine Hébergement
Volcanica volcanologie Presses universitaires de Strasbourg
Seismica sismologie, géodésie Université McGill
Tektonika tectonique Université d'Aberdeen
Geomorphica géomorphologie Université d'État de Pennsylvanie
Sedimentologika sédimentologie -
Geodynamica géodynamique de la Terre et des planètes Université Lyon 1
Planetary Research planétologie The Planetary Research Cooperative
Comptes Rendus Géoscience géosciences Académie des sciences
Journal of Open Source Software logiciels de recherche Open Journals

Planetary Research donne une idée des ordres de grandeur : environ 200 € de mise en forme par article, 30 k€ de fonctionnement par an, et quelque 200 articles acceptés sur 1500 soumissions. Plusieurs de ces revues fonctionnent largement grâce à des éditeurs bénévoles. Geodynamica, Planetary Research et JOSS accueillent aussi des articles sur des simulations ou des codes, un débouché naturel pour la communauté NuTS.

La question de l'évaluation

L'évaluation a concentré les inquiétudes. Les classements et les indicateurs de citation sont fournis par quelques entreprises (Clarivate, Elsevier), et de nombreuses revues diamant renoncent au facteur d'impact, conformément à la déclaration DORA.

Les pratiques évoluent cependant : les comités regardent davantage la qualité des travaux que le prestige de la revue. Le CNRS privilégie l'évaluation qualitative depuis 2021, et s'est désabonné du Web of Science en 2026 au profit de la base ouverte OpenAlex.

Deux questions sont restées ouvertes. Faut-il cesser de budgéter des frais de publication dans les projets, quand une revue diamant adaptée existe ? Et peut-on encourager les étudiants à publier dans des revues non classées, alors que certains comités restent attachés aux classements ?

Freins et leviers

Les freins sont connus. Ces revues sont moins visibles que les revues établies, et leur reconnaissance internationale suscite des doutes. Publier dans une revue diamant peut aussi sembler risqué pour les doctorants et les jeunes chercheurs. Enfin, ces revues dépendent beaucoup du travail bénévole.

Chacun peut pourtant agir. On peut relire en priorité pour les revues diamant, et encourager les chercheurs confirmés à y publier et à rejoindre leurs comités éditoriaux. NuTS peut les faire connaître sur son site et inviter leurs éditeurs aux prochaines rencontres. Il faudrait aussi mieux reconnaître l'activité éditoriale et de relecture dans l'évaluation.

Pour aller plus loin